ctuellement, il y a deux courants problĂ©matiques au sujet de la Sunnah : il y a dâune part ceux qui se nomment les « coranistes », et dâautre part, les « salafi ».
Critique de lâapproche « coraniste » de la Sunnah
Les partisans du premier courant sâappellent eux-mĂȘmes les « coranistes ». Ils disent suivre le Coran uniquement et rejeter la Sunnah. Ils se trompent eux-mĂȘmes ou veulent tromper les musulmans. De quelle maniĂšre ?
PremiĂšrement, ils se disent « coranistes » mais ce ne sont pas des « coranistes ». Ils ne suivent pas le Coran. Ils font du Coran un livre sans aucune application possible, sans signification utile pour la vie quotidienne. Ils ne cherchent pas Ă penser, Ă agir et Ă vivre selon la sagesse du Coran. Ils cherchent plutĂŽt Ă esquiver les exigences quâil contient et Ă le rendre obsolĂšte. Tout est « hermĂ©neutique », « interprĂ©tation » sans consĂ©quence pratique.
Par exemple, certains vont dire que al-áčŁalÄh, ce nâest pas la priĂšre mais al-áčŁilah, le lien avec Dieu. Ils se basent sur le fait que dans la langue arabe, il nây a pas de voyelles et que lâon peut donc interprĂ©ter al-áčŁalÄh comme Ă©tant al-áčŁilah. Ils ajoutent que lâon peut ĂȘtre en lien avec Dieu par la pensĂ©e, sans passer par la priĂšre.
A travers ce genre dâinterprĂ©tations, ils font de lâislam une religion floue, sans vision prĂ©cise sur le monde, sans morale prĂ©cise Ă concrĂ©tiser, sans culte prĂ©cis Ă honorer au quotidien.
DeuxiĂšmement, ils se disent « coranistes » en ce sens quâils rejettent la valeur de la Sunnah dans sa totalitĂ©, y compris ce quâil y a dâauthentique dans la Sunnah et qui est confirmĂ© par le Coran. En fait, ils considĂšrent que tout est « Sunnah », mĂȘme les faux áž„adÄ«th, sans distinguer les diffĂ©rents degrĂ©s dâauthenticitĂ© et le principe de non-contradiction avec le Coran, ceci pour rejeter la Sunnah authentique dans son ensemble. Ce faisant ils retirent aux musulmans toute une somme dâexemples et dâillustrations qui permettent de mieux comprendre comment lâislam peut ĂȘtre mis en pratique concrĂštement. Ils ne suivent pas la mĂ©thode du prophĂšte Muhammad (paix sur lui) dans sa façon de suivre le Coran.
Revenons Ă lâexemple de la façon dont ils interprĂštent al-áčŁalÄh ou la priĂšre.
Il est juste de dire que lâon peut ĂȘtre en lien avec Dieu â áčŁilah â de plusieurs maniĂšres : par le dhikr, le tasbīង, la lecture du Coran, la mĂ©ditation, la rĂ©flexion, etc. Mais la priĂšre est bel bien un devoir que toute personnes convaincue de Dieu est invitĂ© Ă cultiver cinq fois par jour.
« Soyez constants dans la priĂšre (al-áčŁalÄh), donnez la zakah, et inclinez-vous avec ceux qui sâinclinent ! »
ÙÙŰŁÙÙÙÙÙ ÙÙۧ ۧÙŰ”ÙÙÙÙŰ§Ű©Ù ÙÙŰąŰȘÙÙۧ ۧÙŰČÙÙÙÙŰ§Ű©Ù ÙÙۧ۱ÙÙÙŰčÙÙۧ Ù ÙŰčÙ Ű§Ù۱ÙÙۧÙÙŰčÙÙÙÙCoran 2 : 43.
Le prophĂšte nous montre comment accomplir la priĂšre : il se tourne vers Dieu en formulant lâintention de Lui plaire, il fait ses ablutions rituelles, il se met debout, il sâoriente vers al-qiblah, il se couvre les parties intimes, il nettoie le lieu de priĂšre et ensuite, il prie Dieu. Tous ces gestes sont la mise en pratique de lâordre divin « Accomplissez la priĂšre ».
Si Dieu avait demandĂ© nâimporte quelle forme de priĂšre (sans contenu, sans forme et sans moment prĂ©cis), lâĂȘtre humain aurait mĂ©langĂ© ses passions, sa tradition, ses divinitĂ©s avec la voie de Dieu lâUnique, dans sa façon de faire la priĂšre.
Le prophÚte (paix sur lui) va dire :
« Faite la priĂšre comme vous mâavez vu la faire »
Ű”ÙÙۧ ÙÙ Ű§ ۱ۣÙŰȘÙ ÙÙÙ ŰŁŰ”ÙÙកadÄ«th áčąahÄ«h al-BukhÄrÄ«
En fait, derriĂšre le discours « coraniste » se cache un discours moderniste qui pousse vers une « spiritualité » Ă la carte, sans contenu, sans devoirs et sans rituels. Le discours « coraniste » et moderniste critique la Sunnah en oubliant que pendant des siĂšcles, les savants musulmans ont dĂ©veloppĂ© la science du áž„adÄ«th qui est un ensemble de mĂ©thodes critiques des áž„adÄ«ths attribuĂ©s au prophĂšte, soit par la critique de qui les rapporte et de comment ils ont Ă©tĂ© mis par Ă©crit (al-isnÄd), soit par la critique du contenu lui-mĂȘme (al-matn). Autrement dit, la premiĂšre critique systĂ©matique et scientifique de la Sunnah se trouve dans la science des áž„adÄ«ths et non pas dans les sciences historiques et humaines modernes.
En fait, la mĂ©thode critique « coraniste » et moderniste nâest pas scientifique mais politique. En effet, sa critique de la Sunnah nâest quâun instrument au service dâun projet politique : couper les musulmans de leurs Textes fondateurs, accentuer les divisions et affaiblir leur attachement Ă lâislam. Dâabord en crĂ©ant une division entre le Coran et la Sunnah et ensuite, en dĂ©lĂ©gitimant la Sunnah, et enfin, en dĂ©lĂ©gitimant le Coran lui-mĂȘme, au nom de « la science historique » et des « sciences humaines ». Le but est de faire taire la Sunnah et le Coran et de pousser les musulmans vers une « modernisation » qui agit comme un processus de soumission au conformisme politique, Ă©conomique et culturel libĂ©ral.
Ainsi, la mĂ©thode critique « coraniste » et moderniste a besoin elle-mĂȘme dâĂȘtre critiquĂ©e. Elle a tendance Ă sâappuyer sur tout áž„adÄ«th ou sur tout autre texte, mĂȘme non-authentique, mĂȘme infondĂ©, pour lĂ©gitimer la remise en cause de la Sunnah et du Coran. Autrement dit, dans une large mesure, elle ne fait que colporter des commĂ©rages quâelle fait passer pour de la science.
Il est vrai quâil existe des rĂ©cits non-authentiques que lâon mĂ©lange avec la Sunnah. Mais il existe une Sunnah que lâon peut encore authentifier grĂące Ă des mĂ©thodes rigoureuses et notamment grĂące au principe de non-contradiction avec le Coran. Tout ce qui dans la Sunnah, est cohĂ©rent avec le Coran, est authentique, fait partie de la voie (al-dÄ«n) que Dieu nous invite Ă suivre. Tout ce qui contredit le Coran doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme non-authentique, comme ne faisant pas partie de la voie de Dieu.
Bref, le courant des « coranistes » est une imposture. Mais comment est-il apparu dans la civilisation islamique ?
Face Ă toute lâĂ©tendue et la variĂ©tĂ© des sciences et de la pensĂ©e islamique, il y a des intellectuels musulmans qui ont la flemme de prendre le temps de lire et de connaĂźtre ce patrimoine. Alors ils sortent sur la place publique et nous disent :
« Pas besoin du patrimoine intellectuel islamique ! Câest dĂ©passé ! Je ne veux pas des uáčŁĆ«l al-fiqh (philosophie du droit), des diffĂ©rentes Ă©coles de pensĂ©e (al-madhÄhib al-fiqhiyyah), des sciences du ងadÄ«th, etc. ! Le Coran suffit ! ».Â
ShaytÄn entre par toutes les portes possibles. Ici, il entre par une vĂ©ritĂ©, Ă savoir que le patrimoine intellectuel islamique et que mĂȘme la Sunnah nâest pas infaillible : elle contient des erreurs. Câest juste. Pour autant, tout rejeter au lieu de faire le tri Ă la lumiĂšre de la sagesse du Coran, câest aussi une erreur.
On a besoin de suivre lâexemple et la Sunnah du prophĂšte (paix sur lui) comme une mĂ©thode dâapplication du Coran.
« ObĂ©issez Ă Dieu, obĂ©issez au prophĂšte ! Mais si vous vous en dĂ©tournez, sachez que le prophĂšte nâa pour mission que de vous transmettre le Message en toute clartĂ© »
ÙÙŰŁÙŰ·ÙÙŰčÙÙۧ ۧÙÙÙÙÙÙ ÙÙŰŁÙŰ·ÙÙŰčÙÙۧ ۧÙ۱ÙÙŰłÙÙÙÙ ÛÙÙŰ„ÙÙ ŰȘÙÙÙÙÙÙÙÙŰȘÙÙ Ù ÙÙŰ„ÙÙÙÙÙ Ùۧ ŰčÙÙÙÙÙ°Ű±ÙŰłÙÙÙÙÙÙۧ ۧÙÙŰšÙÙÙۧŰșÙ Ű§ÙÙÙ ÙŰšÙÙÙÙCoran 64 : 12.
Si les « coranistes » Ă©taient rĂ©ellement coranistes, ils obĂ©iraient Ă Dieu et Ă son prophĂšte. Le Coran montre la voie (al-sharÄ«âah) et la mĂ©thode (al-minhÄj). La Sunnah authentique montre comment la concrĂ©tiser dans la vie quotidienne. On peut retrouver le fondement de tout áž„adÄ«th authentique ou de toute la Sunnah authentique dans le Coran, soit dans ses principes gĂ©nĂ©raux soit dans ses explications dĂ©taillĂ©es.
Critique de lâapproche « salafi » de la Sunnah
Le second courant se dĂ©signe par le terme « salafi ». Mais il nâest pas juste de les appeler « salafi ». Car les vrais « salaf al-áčŁÄliង » ou pieux prĂ©dĂ©cesseurs, ce sont les compagnons du prophĂšte tels quâAbĆ« Bakr, Omar Ibn al-KhattĂąb, Ali Ibn AbÄ« áčŹÄlib, etc. Ils font partie de la gĂ©nĂ©ration qui a reçu la RĂ©vĂ©lation. Prenons lâun des salaf al- áčŁÄliáž„, Abu Bakr par exemple. Quel Ă©tait le dĂ©fi qui lâobsĂ©dait ? Ce qui a animĂ© toute sa vie, câest la question du juste et de lâinjuste, et la question de lâunitĂ© de la communautĂ© de ceux qui ont adhĂ©rĂ© Ă la voie de Dieu (ummah al-muâminÄ«n) dont il Ă©tait le Calife. Contrairement Ă ceux qui se disent « salafi », il nâĂ©tait pas obsĂ©dĂ© par des dĂ©tails. Il ne confondait pas la part dâuniversel et de particulier dans lâexemple du prophĂšte. Jamais il nâa interpelĂ© un musulman pour la taille de sa barbe. Il nâĂ©tait pas littĂ©raliste au point de passer Ă cĂŽtĂ© du sens et de la finalitĂ© dâun message du prophĂšte. Par exemple, contrairement Ă ceux qui se disent « salafi » qui sont obsĂ©dĂ© par le pantalon qui dĂ©passe la cheville, il lui arrivait de porter un vĂȘtement qui traĂźne par terre. Et il a continuĂ© Ă le faire parce quâil avait compris que ce que le prophĂšte interdisait, câĂ©tait lâorgueil dans sa façon de sâhabiller et dâĂȘtre en gĂ©nĂ©ral, comme on peut le voir dans ce rĂ©cit :
« Celui qui laisse traßner son habit (en dessous des chevilles) par orgueil, Dieu ne le regardera pas le Jour de la Résurrection ».
AbĆ« Bakr dit alors : ââUne partie de mon vĂȘtement se relĂąche (tombe (en dessous des chevilles) si je nây fais pas constamment attention !ââ
Le prophĂšte rĂ©pondit : ââTu nâes pas de ceux qui le font par orgueilââ »កadÄ«th rapportĂ© par áčąahÄ«h al-BukhÄrÄ«.
Prenons Omar. Quel Ă©tait son dĂ©fi ? Des millions de gens se sont ouverts Ă lâislam. Il y a une grande diversitĂ© de cultures devenues musulmanes. Comment leur permettre de comprendre lâislam de façon juste ? Les grands chantiers intellectuels sont lancĂ©s : on traduit le Coran dans une diversitĂ© de langues, on invente les sciences du áž„adÄ«th pour Ă©viter quâon ne diffuse des histoires fausses sur le prophĂšte, etc.
Lâesprit des salaf al-áčŁÄliáž„, câest un esprit soucieux de bien comprendre la RĂ©vĂ©lation comme source de connaissances et de sagesse universelle pour faire face aux dĂ©fis de son temps.
Quant Ă ceux qui se disent « salafi », ils ne cherchent Ă relever aucun dĂ©fi : ils sont obsĂ©dĂ©s par des dĂ©tails souvent inutiles. En fait, nous devrions les nommer « les passĂ©istes » plutĂŽt que « les salafi ». Car contrairement aux « salaf al-áčŁÄliង » ou Ă la gĂ©nĂ©ration qui Ă©tait tĂ©moin de la RĂ©vĂ©lation, les passĂ©istes donnent la prioritĂ© Ă la Sunnah au sens large (sans appliquer le principe de non-contradiction avec le Coran, sans distinguer ce qui est universel et ce qui est particulier dans le comportement du prophĂšteâŠ) et au patrimoine intellectuel musulman sur le Coran.
Lâapproche qui se dit « salafi » commet trois grandes erreurs. PremiĂšrement, elle ne cherche pas Ă comprendre un áž„adÄ«th en le reliant avec lâensemble des áž„adÄ«ths authentiques sur un thĂšme donnĂ© et avec le Coran. En ce sens, elle ne cherche pas Ă comprendre un áž„adÄ«th comme une explication pratique dâun principe coranique avec lequel elle doit le relier. En gros, « Si un áž„adÄ«th dit une chose, alors nous devons le suivre », sans vĂ©rifier sâil est invalidĂ© ou confirmĂ© par une idĂ©e du Coran.
DeuxiĂšmement, elle considĂšre que tout est « Sunnah », que tout est un devoir que le musulman doit mettre en pratique, y compris les áž„adÄ«th qui racontent des situations oĂč le prophĂšte a agi en tant quâĂȘtre humain dont les dimensions personnelles et culturelles nâont pas vocation Ă servir dâexemple universel. En effet, Dieu a envoyĂ© Ă la famille humaine des prophĂštes pour lui enseigner la sagesse et la voie de la droiture, et non pas pour lui enseigner de manger des concombres plutĂŽt que des lentilles, de sâhabiller dâun qamÄ«s plutĂŽt que dâun autre vĂȘtement, dâutiliser un siwÄk plutĂŽt quâune autre mĂ©thode pour se nettoyer les dents, dâutiliser telle ou telle technique agricole ou mĂ©dicale⊠Dieu a communiquĂ© Ă ses prophĂštes un Message universel : jouissez de toutes les choses que Dieu a permises parce quâelles sont bonnes ; soyez reconnaissants envers Dieu ; faites le bien et rĂ©sistez Ă toute forme dâinjustice sur terre.
Dans lâunivers du áž„alÄl (permis), du áčayyib (bon) et du khayr (bien) que Dieu a mis Ă la disposition de la famille humaine, le dernier prophĂšte nâa utilisĂ© quâune infime partie en consommant des concombres, en sâhabillant dâun qamÄ«s et en utilisant le siwÄk ou telle ou telle technique agricole ou mĂ©dicale⊠Il nây a pas Ă sâajouter des interdits et des obligations lĂ oĂč Dieu a invitĂ© Ă jouir de sa libertĂ© dans la mesure de ce qui est Bien et Juste.
TroisiĂšmement, elle ne sait pas appliquer la bonne hiĂ©rarchie des sources. En principe, tout le monde sâaccorde Ă dire que si un áž„adÄ«th, un rĂ©cit populaire ou le discours dâune personnalitĂ© musulmane contredit le Coran, alors il nâest pas áčŁaងīង, authentique ou juste. Les savants musulmans sâaccordent sur la non-contraction avec le Coran comme critĂšre pour filtrer ce qui est authentique et ce qui ne lâest pas. Mais dans les faits, ce principe de non-contradiction nâest pas bien appliquĂ©. Lâapproche qui se dit « salafi » se trompe car dans les faits, elle ne sait pas raisonner en appliquant la bonne hiĂ©rarchie des sources de la connaissance et le principe de non-contradiction de la Sunnah avec le Coran. Par consĂ©quent, elle ne sait pas comment traiter les contradictions entre les áž„adÄ«ths et le Coran.
Souvent, elle confond la Sunnah authentique avec des rĂ©cits passĂ©s et les avis de tel ou tel savant. Dans les faits, elle se trompe car elle fait du Coran une source secondaire, et des rĂ©cits et des discours passĂ©s sa source premiĂšre pour Ă©clairer des questions telles que lâobligation absolue dâobĂ©ir Ă lâautoritĂ©, lâinterdiction pour la femme de prendre une responsabilitĂ© politique, le áž„alÄl et le áž„arÄm (le permis et lâinterdit), les signes de la fin des temps, le pouvoir des jinns de possĂ©der une personne, etc. En somme, dans les faits, lâapproche « salafi » nĂ©glige le Coran et suit dâabord les rĂ©cits et les discours passĂ©s.
Sortir du conformisme intellectuel qui a pris le nom de « coraniste » et de « salafi »
Les idĂ©es qui animent lâapproche qui se dit « coraniste » et « salafi » sont le signe dâune grande confusion intellectuelle. En rĂ©alitĂ©, le sujet est clair et nâa pas besoin de polĂ©mique. Les polĂ©miques qui circulent au sujet de lâauthenticitĂ© des áž„adÄ«ths sont dues au fait que nous ne traitons pas le sujet selon une mĂ©thode rigoureuse.
Nous avons dâun cĂŽtĂ© ceux qui prĂ©tendent ĂȘtre des « coranistes » qui rejettent totalement la Sunnah et qui, dans les faits, ne se basent pas beaucoup plus sur le Coran. Ils ne sont pas plus rationalistes que les autres courants musulmans. Ils ne pĂȘchent pas parce quâils exercent leur raison, au lieu simplement dâavoir la foi. Bien au contraire, ils pĂȘchent parce quâils ne veulent pas tenir compte de la mĂ©thode scientifique utilisĂ©e dans la science du áž„adÄ«th qui permet, pour chaque áž„adÄ«th, dâĂ©valuer sâil provient effectivement du prophĂšte (paix sur lui), sur la base dâune enquĂȘte sur la moralitĂ© des transmetteurs et sur la cohĂ©rence du contenu exprimĂ© par rapport Ă lâensemble des áž„adÄ«ths authentiques et par rapport au Coran.
Ceux qui se disent « coranistes » se rapprochent largement du courant moderniste qui rejette toute source de connaissances et de sagesse en dehors de la raison et de la mythologie grecque devenue sa source premiÚre.
Or leur erreur, câest justement un manque dâexercice de la raison selon une mĂ©thode scientifique. Câest le fait dâutiliser des áž„adÄ«ths faibles sur des sujets importants, et de faire comme sâils Ă©taient authentiques, pour discrĂ©diter lâensemble de la Sunnah.
Ils ne retiennent finalement du Coran que les passages sur « la spiritualité » et non pas la connaissance sur le monde et la sagesse pour éclairer la vie quotidienne individuelle et collective.
Et de lâautre cĂŽtĂ©, nous avons les passĂ©istes qui se disent « salafi » qui se rĂ©fĂšrent Ă tout áž„adÄ«th quâils trouvent citĂ© dans tel ou tel livre classique sans en vĂ©rifier lâauthenticitĂ©, sans distinguer la part dâuniversel et la part de particulier dans la vie du prophĂšte, et sans le relier avec la sagesse du Coran.
Ces deux courants, Ă la diffĂ©rence des savants, ne savent pas suivre une mĂ©thode pour Ă©valuer la valeur dâun áž„adÄ«th sur la base de qui le transmet et de son contenu. Ils ne savent pas non plus distinguer la part dâuniversel et la part de particulier dans la Sunnah. Ils ne savent pas que lâĂ©valuation critique dâun áž„adÄ«th est une science islamique qui permet de distinguer la Sunnah authentique qui a toute sa valeur, des áž„adÄ«ths non-authentiques qui crĂ©ent beaucoup de confusion dans lâesprit des musulmans.
Ils ne savent pas que lâĂ©valuation critique et mĂ©thodique dâun áž„adÄ«th nâest pas le rejet de la Sunnah mais bien au contraire, sa purification et prĂ©servation, grĂące au Coran.
Le Coran est un Livre dont Dieu se porte garant, quâIl sâengage Ă prĂ©server. Quant Ă la Sunnah, elle a aussi Ă©tĂ© prĂ©servĂ©e, grĂące au Coran qui permet encore de distinguer la Sunnah authentique des informations et rĂ©cits douteux qui sây sont mĂ©langĂ©s. A chaque fois que nous nous trouvons face Ă un áž„adÄ«th áčŁaងīង, nous pouvons nous interroger ainsi : quel est son fondement dans le Coran ?
Lâessentiel de ce quâa enseignĂ© le prophĂšte, dans la Sunnah, peut ĂȘtre dĂ©duit dâun concept gĂ©nĂ©ral ou dâun cas pratique exposĂ© dans le Coran. Nous pouvons dĂ©duire la Sunnah authentique du Coran. La vie du prophĂšte est dĂ©taillĂ©e dans le Coran, de mĂȘme que la vie des prophĂštes qui lâont prĂ©cĂ©dĂ©. Pourquoi donc allons-nous baser notre comprĂ©hension de lâislam et des prophĂštes sur des informations et des discours moins fiables ?
Aujourdâhui, nous connaissons avec prĂ©cision la valeur â ážaÊżÄ«f (faible) ou áčŁaងīង (authentique) â de chaque áž„adÄ«th. Dans le cas oĂč il y a des divergences, la rĂ©fĂ©rence au Coran reste ce quâil y a de plus sĂ»r. La majoritĂ© des divergences sur lâauthenticitĂ© des áž„adÄ«ths peuvent ĂȘtre traitĂ©es en les Ă©valuant par rapport Ă leur cohĂ©rence avec le Coran. Si nous abordions la problĂ©matique du rapport entre le Coran et la Sunnah de façon dĂ©passionnĂ©e et avec mĂ©thode, nous nous rendrions compte alors que nous pouvons converger sur lâauthenticitĂ© des áž„adÄ«ths dans 95% des cas et quâil reste 5% de divergences acceptables.
Mais nous sommes poussĂ©s Ă lâerreur par des acteurs politiques qui encouragent la diffusion des rĂ©cits les plus erronĂ©s, en finançant, grĂące aux pĂ©trodollars, les polĂ©miques prĂ©sentes dans le patrimoine islamique. Ils encouragent la diffusion dâun conflit intellectuel entre deux positions erronĂ©es qui nous empĂȘchent de profiter de la Sunnah authentique.
Du temps des enfants dâIsraĂ«l, il existait le mĂȘme conflit intellectuel. Ils avaient perdu la Torah originelle et mĂ©langeaient des textes erronĂ©s avec des fragments qui Ă©taient authentiques. Au milieu de ce conflit est nĂ© un courant quâon appelait les « qurraÊŸĆ«n » (les saducĂ©ens). Sa position consistait Ă rejeter le Talmud et les autres textes religieux pour ne considĂ©rer que la Torah, selon une comprĂ©hension littĂ©rale, pour ĂȘtre sĂ»r de ne pas dĂ©vier.
Les « coranistes » dâaujourdâhui ressemblent aux qurraÊŸĆ«n des enfants dâIsraĂ«l. Face Ă la multiplicitĂ© des sciences, des avis et des divergences, ils disent prĂ©fĂ©rer sâen tenir au Coran.
Mais en fait, les « coranistes », tout comme les « salafi », ne permettent pas de comprendre la sagesse du Coran ni de suivre la façon dont le prophĂšte lâa concrĂ©tisĂ©e dans sa façon de vivre, dâagir et de penser. Ils ne permettent pas de construire une ummah et une civilisation Ă©clairĂ©es.
La ummah ne doit pas se couper de la Sunnah. Elle doit prendre le Coran comme rĂ©fĂ©rence supĂ©rieure â al-Muhaymin â pour distinguer la Sunnah authentique des rĂ©cits Ă©trangers provenant de la culture populaire et dâailleurs. Le Coran a justement pour fonction dâĂȘtre le Livre qui confirme â al-MuáčŁaddiq â et le Livre qui prĂ©domine tout autre livre â al-Muhaymin â, pour enseigner la sagesse universelle.
Nous devons sortir de lâimitation aveugle des imÄms et des intellectuels passĂ©s ou prĂ©sents, passĂ©istes ou modernistes.
Les savants musulmans ont rĂ©ussi Ă distinguer la Sunnah selon trois parties. Tout dâabord, les áž„adÄ«ths qui ont un fondement coranique. Il nây a pas de dĂ©bat Ă leur sujet. Ensuite, il y a les áž„adÄ«ths qui sont cohĂ©rents avec un principe gĂ©nĂ©ral du Coran. Ceux-lĂ Ă©galement ne prĂȘtent pas Ă dĂ©bat. Enfin, il y a les áž„adÄ«ths qui contredisent le Coran, mĂȘme si les personnes qui en sont les tĂ©moins sont honnĂȘtes et sont plusieurs (leur chaĂźne de transmission est bonne).
Nous nâavons pas besoin des « coranistes » qui rejettent la Sunnah authentique et qui finissent par se dĂ©tourner du Coran lui-mĂȘme. Nous nâavons pas besoin non plus des « salafi » qui font « feu de tout bois », qui utilisent les áž„adÄ«ths comme sâils faisaient tous partie de la Sunnah authentique, sans les Ă©valuer de façon critique.
Des savants trĂšs diffĂ©rents tels que lâimÄm Ahmad, shaykh ibn Hazm, al-NawawÄ«, al-QurtubÄ«, ibn al-Qayyim, ibn Hajar, ibn Taymiyyah, al-áčąuyĆ«áčÄ«, al-DhahabÄ«, al-ZarqashÄ«, et plus rĂ©cemment, Muhammad al-GhazÄlÄ«, et bien dâautres, ont remis en question lâauthenticitĂ© de diffĂ©rents áž„adÄ«ths tels que ceux qui racontent les signes de la fin des temps, le Mahdi et lâAntĂ©christ, les mariages du prophĂšte, lâensorcellement dont il aurait Ă©tĂ© victime, la possession par les jinns, le jihÄd, le devoir dâobĂ©issance absolue aux dirigeants politiques, la conception du Destin, etc.
Accuser les savants qui travaillent sur une meilleure authentification des áž„adÄ«ths pour mieux comprendre et suivre lâexemple du prophĂšte, et les sortir de lâislam est absurde. Les accuser ainsi nâa rien Ă voir ni avec la Sunnah ni avec le Coran. Lâislam forme au raisonnement argumentĂ© qui nĂ©cessite quâon expose la preuve, quâon vĂ©rifie les sources, quâon dĂ©batte avec mĂ©thode et respect.
Dâailleurs, lâuniversitĂ© dâal-Azhar a une tradition exemplaire de dĂ©bats ouverts entre savants sur plein de sujets, sans que personne nâen vienne Ă accuser lâautre de « rejeter la Sunnah ».
Mais aujourdâhui, les musulmans ont tendance Ă faire de la Sunnah un moyen de conformisme et dâimitation aveugle (taqlÄ«d), sans bien distinguer ce qui est authentique de ce qui ne lâest pas.
La science des uáčŁĆ«l al-Fiqh (les Fondements ou la Philosophie du droit) dĂ©finit le taqlÄ«d comme le fait dâaccepter la parole de quelquâun sans preuve, sans argument, sans fondement. Dans le Coran, Dieu enseigne Ă lâĂȘtre humain le devoir de ne jamais suivre un discours qui nâest pas soutenu par des tĂ©moins, des preuves, des arguments justes⊠Or, la plupart des gens ne font que suivre les discours douteux, les rumeurs, les polĂ©miques sans fondement.
Dieu nâaccepte pas une personne qui adhĂšre Ă lâislam par croyance, de façon incertaine, par imitation aveugle, sans avoir basĂ© sa conviction sur une rĂ©flexion critique et sage. Si Dieu acceptait la foi dâun musulman qui agit par imitation aveugle, alors les croyants de toutes les religions devraient ĂȘtre pardonnĂ©s sâils nâont fait que suivre leur tradition sans se poser de questions.
Le Jour du Jugement, certains, pour justifier leurs erreurs, rappelleront quâils nâont fait que suivre leur tradition. Dieu leur rĂ©pondra et nous rĂ©pond Ă nous tous aujourdâhui, nous qui sommes tentĂ©s dâinvoquer la mĂȘme excuse, que chacun est responsable individuellement, chacun doit exercer sa raison avec mĂ©thode, en suivant des preuves et non pas les on-dit :
« Les polythĂ©istes diront : ââSi Dieu lâavait voulu, ni nous ni nos ancĂȘtres ne Lui aurions associĂ© aucune divinitĂ©, et nous nâaurions rien dĂ©clarĂ© interdit (de ce que Dieu avait permis)ââ. Câest lĂ lâexcuse quâinvoquaient les nĂ©gateurs qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©s et qui leur a valu dâencourir Notre colĂšre. Demande-leur : ââAvez-vous quelque science Ă nous produire ? En vĂ©ritĂ©, vous ne suivez que des conjectures et ne faites que mentirââ »
ŰłÙÙÙÙÙÙÙÙ Ű§ÙÙÙ۰ÙÙÙÙ ŰŁÙŰŽÙ۱ÙÙÙÙۧ ÙÙÙÙ ŰŽÙŰ§ŰĄÙ Ű§ÙÙÙÙÙÙ Ù Ùۧ ŰŁÙŰŽÙ۱ÙÙÙÙÙۧ ÙÙÙÙۧ ۹ۚÙۧۀÙÙÙۧ ÙÙÙÙۧ ŰÙ۱ÙÙÙ ÙÙÙۧ Ù ÙÙ ŰŽÙÙÙŰĄÙ Û ÙÙ۰ÙÙ°ÙÙÙÙ ÙÙ۰ÙÙŰšÙ Ű§ÙÙÙ۰ÙÙÙÙ Ù ÙÙ ÙÙŰšÙÙÙÙÙÙ Ù ŰÙŰȘÙÙÙÙ° ۰ÙۧÙÙÙۧ ŰšÙŰŁÙŰłÙÙÙۧ Û ÙÙÙÙ ÙÙÙÙ ŰčÙÙŰŻÙÙÙÙ Ù ÙÙÙÙ ŰčÙÙÙÙ Ù ÙÙŰȘÙŰźÙ۱ÙŰŹÙÙÙÙ ÙÙÙÙۧ Û Ű„ÙÙ ŰȘÙŰȘÙÙŰšÙŰčÙÙÙÙ Ű„ÙÙÙÙۧ ۧÙŰžÙÙÙÙÙ ÙÙŰ„ÙÙÙ ŰŁÙÙŰȘÙÙ Ù Ű„ÙÙÙÙۧ ŰȘÙŰźÙ۱ÙŰ”ÙÙÙÙCoran 6 : 148
Avant dâadhĂ©rer Ă lâislam, Dieu invite lâĂȘtre humain Ă observer le monde, Ă se laisser convaincre par les signes clairs visibles dans la crĂ©ation et dans la RĂ©vĂ©lation. La rĂ©flexion sous ses diffĂ©rentes formes â al-tadabbur (la mĂ©ditation), al-tadhakkur (le rappel), al-tafakkur (la pensĂ©e), etc. â, sont des obligations religieuses.
Dans les diffĂ©rentes sociĂ©tĂ©s humaines, les savants ont tendance Ă construire un pouvoir sur les gens. GrĂące Ă leurs connaissances, ils dominent, ils diffusent ce qui les arrange et ils gardent secret ce qui peut dĂ©ranger leurs intĂ©rĂȘts. Câest ainsi que les religieux des diffĂ©rentes religions ont falsifiĂ© la voie originelle rĂ©vĂ©lĂ©e par Dieu.
Le Coran expose la connaissance du monde, du visible et de lâinvisible, de Dieu et des prophĂštes Ă lâensemble de lâhumanitĂ©. Le musulman lit des sourates du Coran Ă lâoccasion des cinq priĂšres quotidiennes. La rĂ©citation quotidienne du Coran insuffle une vision de la vie, de la vĂ©ritĂ© et de la connaissance, que lâon doit distinguer des croyances populaires, de la magie, de la superstition, de la rumeur, des discours religieux savants et de la pseudo science.Â
Toute personne, lorsquâelle a besoin de coudre un vĂȘtement ou de construire une maison, a besoin de demander conseil autour dâelle, de comparer et de vĂ©rifier ce quâon lui propose. De mĂȘme lorsquâelle est malade, elle a besoin de demander conseil, de comparer plusieurs diagnostics, de vĂ©rifier quels sont les meilleurs traitements, etc. Pourquoi donc, lorsquâil sâagit de la religion, a-t-on tendance Ă recevoir passivement les idĂ©es qui circulent, sans exercer sa raison et sans les vĂ©rifier Ă la lumiĂšre du Coran ?
Une fois, une dame venait de se convertir et elle est allĂ©e interroger un homme habillĂ© de vĂȘtements « religieux ». Il nâa pas su rĂ©pondre Ă sa question et elle sâĂ©tonne : « Comment se fait-il que vous avez une âimÄmah (un turban) sur la tĂȘte mais vous ne savez pas me rĂ©pondre ». Alors il retire sa âimÄmah et la pose sur la tĂȘte de cette dame en lui disant : « Maintenant que vous avez une âimÄmah sur la tĂȘte, est-ce que vous connaissez la rĂ©ponse Ă votre question ? ». Ainsi, il lui a montrĂ© que lâhabit ou que les apparences ne font pas le savoir.
Le musulman a soif de connaĂźtre mais il a souvent un rapport magique Ă la connaissance. Nâimporte quel imposteur qui mettrait les habits « religieux » pourrait se faire passer pour un savant, tellement on a soif de savoir mais on nâa pas envie de faire lâeffort nĂ©cessaire pour lâacquĂ©rir.
On a posĂ© la question Ă ibn Hazm, grand savant andalous du 5e siĂšcle de lâHĂ©gire : peut-on exiger dâune personne ordinaire â qui nâa pas une grande culture intellectuelle voire qui ne sait pas lire â, quâelle exerce sa raison critique, quâelle vĂ©rifie le fondement des discours quâelle entend de la part des personnalitĂ©s religieusesâŠÂ ?
Il a rĂ©pondu que mĂȘme les personnes ordinaires devaient faire lâeffort dâexercer leur raison critique pour savoir lequel parmi les discours quâelles entendent, est plus juste que les autres. Car les discours que lâon peut entendre sur la place publique ne se valent pas : on peut avoir des savants imposteurs qui vendent leur savoir en Ă©change dâune position sociale ; ou des savants justes quâon entend trĂšs peu car on fait beaucoup de bruit pour les rendre invisiblesâŠ
ConcrĂštement, par exemple, quand on va acheter un livre dans une librairie, on doit enquĂȘter : qui est cet auteur ? Quelle est sa spĂ©cialité ? Cet orateur auprĂšs de qui on va chercher des conseils : quelle est son expĂ©rience ? Est-il digne de confiance ? On doit demander Ă des personnes plus savantes ce quâelles en pensentâŠ
On doit aider les personnes ordinaires Ă Ă©lever leur niveau intellectuel pour quâelles soient capables de distinguer un discours juste qui leur veut du bien dâun discours injuste qui les pousse vers le mal.
Le prophĂšte Muhammad faisait partie dâune ummah arabe qui suivait la tradition, la magie, la superstition et les discours des religieux⊠Il lâa formĂ©e et lâa rĂ©formĂ©e. La mosquĂ©e du prophĂšte Ă©tait un lieu de priĂšre et dâĂ©ducation. AprĂšs la priĂšre de Fajr (le matin, avant le lever du soleil), il y avait un cours. AprĂšs les diffĂ©rentes priĂšres, on pouvait assister Ă un cours, apprendre la sagesse du Coran, poser des questions, discuter⊠En dehors de la mosquĂ©e, dans la ville, le prophĂšte continuait Ă transmettre la sagesse Ă travers plein de situations qui posaient question : comment faire quâun divorce se passe bien ? Comment appliquer la justice dans un contrat commercial ? Comment trancher un conflit entre deux partiesâŠÂ ?
Grùce à cette éducation, la ummah se base de plus en plus sur le Livre révélé et sur le Livre de la création, sur les arguments rationnels, sur les preuves et sur les faits.
Aujourdâhui, la ummah islamique est affectĂ©e par la maladie du conformisme intellectuel. Elle suit nâimporte quel discours Ă la mode. On a fermĂ© la mosquĂ©e et on lâa rĂ©duite Ă ĂȘtre un lieu de priĂšre. Les personnes ordinaires nâont plus lâoccasion, grĂące au travail Ă©ducatif de la mosquĂ©e, dâĂ©lever leur niveau intellectuel, spirituel et moral.
On doit redonner Ă la mosquĂ©e son rĂŽle dâĂ©ducation culturelle et intellectuelle, de rĂ©forme des mauvaises habitudes et dâamĂ©lioration des comportements individuels.
On ne doit pas comprendre la Sunnah comme une somme de áž„adÄ«ths isolĂ©s les uns des autres. Les áž„adÄ«ths, sur un mĂȘme sujet, doivent ĂȘtre compris ensemble pour indiquer une direction gĂ©nĂ©rale. En les rapprochant de leur fondement coranique, on dĂ©couvre alors une sagesse globale. La Sunnah ne peut pas exister sans le Coran. Le prophĂšte devient prophĂšte Ă partir de la RĂ©vĂ©lation. La RĂ©vĂ©lation montre le chemin Ă suivre. La Sunnah est la mĂ©thode de mise en pratique du Coran dans la vie quotidienne. Lâesprit musulman a besoin de se renouveler grĂące au dialogue avec le Coran, avec la Sunnah authentique et avec la rĂ©alitĂ© du monde qui nous entoure.



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